La cire d'abeille est l'un des produits chouchou des débuts en cosmétique naturelle. Cera alba si elle est blanche, cera flava, pour la jaune, non purifiée, à choisir de préférence. On la trouve citée dans les formules les plus anciennes, les cérats par exemple, mélanges d'huiles et de cires avec ou non une phase aqueuse. La première qualité de la cire d'abeille, c'est son pouvoir épaississant. On la chauffe avec une huile, elle fond, tout se mélange car la cire est un lipide. On refroidit. Super, ça fige. Et hop, on a fabriqué un baume. C'est aussi simple que ça.

Le point de fusion de la cire d'abeille se situe entre 63 et 64°C. Si l'on veut fabriquer un produit qui incorpore cire et hydrolat, de l'eau de rose par exemple, souvent présente dans les formules de base, l'eau de rose en question va avoir un peu chaud aux oreilles. Personnellement, je m'abstiens donc de pratiquer l'opération. J'ai peut être tort. J'expliquerai pourquoi dans un prochain article.
A quoi sert la cire d'abeille, cosmétiquement parlant? Elle est imperméable, donc protége en cas de froid ou de vent mais à l'inverse peut aussi asphyxier la peau si on en met trop. Le bon dosage est la clef d'un baume réussi.
Elle se conserve sans broncher. Elle sent bon… le miel, et possède des propriétés cicatrisantes et anti- inflammatoires (selon le très intéressant L'apitherapie, du Dr Cherbuliez et de R. Domerego, ed. Amyris). Sa structure chimique est particulièrement complexe (plus de trois cents composants). En revanche, je trouve qu'elle donne un toucher un peu rigide aux produits où on l'incorpore, ce qui fait que je l'avais exclue de mes compositions destinées au visage. Elle risque de s'y retrouver à nouveau car:
Un baume de Spiezia, à la consistance idéale… un modèle… (mais ce n'est pas moi qui l'ai fait…)
Par curiosité, j'ai commandé chez Spiezia des doses d'essai de deux produits à base de cire d'abeille, un démaquillant et une crème de nuit extra riche. Spiezia est une marque anglaise de cosméto bio confidentielle (dont j'ai déjà parlé sur ce blog) qui n'utilise aucune phase aqueuse pour des raisons de conservation. Elle affiche le label bio de la Soil Association britannique. J'ai été bluffée par la consistance particulièrement suave de ces produits, deux baumes moumou au parfum délicieux. Le démaquillant malheureusement est un peu assèchant pour les Princesses au petit pois mais la crème de nuit adoucit vraiment la peau. En détaillant la composition, on voit qu'll s'agit uniquement -pour la crème de nuit- d'un mélange d'huiles végétales liquides (corsées par des macérations de plantes et des huiles essentielles) et de cire d'abeille. Pour le démaquillant, il y a aussi de l'huile de coco, solide à température ambiante.
Je n'ai plus qu'à retourner à mes casseroles pour essayer de faire aussi bien en trouvant les proportions magiques…



Dans mes essais cosméto sans phase aqueuse, j'utilise la cire d'abeille:
Dans les baumes à lèvres en reprenant la formule donnée par Hooly sur son blog et dans son excellent livre: Cosmétiques naturels (Sully). Je choisis la variante: jojoba-beurre de cacao-cire d'abeille. Pour l'instant, celle qui me convient le mieux.
Pas de commentaires à faire si ce n'est que je n'y rajoute pas grand chose. J'ai découvert un cicatrisant merveilleux pour les lèvres, l'huile essentielle de ciste ladanifère. Je compte faire des essais avec lors d'une prochaine fournée. Sans trop chauffer bien sûr.
Dans les bonbons de bain, mais tout le monde sait faire. Les formules pullulent sur le net. Je ne vais pas m'étendre. Sauf pour indiquer l'un de mes mélanges parfumés favori: poudre de cacao+huile essentielle de myrrhe. Ça fonctionne incroyablement bien ensemble.
Dans une recette de baume au calendula que je trouve précieuse pour sa formulation. Je l'ai découverte dans un bouquin très sérieux que je recommande aux amateurs de plantes médicinales: le Guide de la phytothérapie (ed. Marabout). J'ai souvent préparé ce baume, -avec variantes-, l'hiver dernier. Le principe peut bien sûr s'appliquer à d'autres teintures.
16ml d'huile végétale
5g beurre de karité
6g de cire d'abeille jaune.
Chauffer doucement jusqu'à ce que le mélange se liquéfie. Laisser refroidir un peu. A 40°, introduire peu à peu en remuant 10ml de teinture de calendula au goutte à goutte jusqu'à ce que le mélange soit froid. Transvaser dans des pots stérilisés. `
L'apparence n'est pas renversante de séduction, mais ça marche très bien et le baume reste stable. Une teinture alcoolique pouvant s'intégrer dans un alcool gras. La cire d'abeille est composée d'acides et d'alcools gras.
J'ai fait des essais en rajoutant de l'amidon (pas plus de 10%, sinon, ça crisse,) et un soupçon d'huiles essentielles de patchouli, non je plaisante… d'encens et de ciste pour fabriquer un onguent pour les mains particulièrement cicatrisant. Très efficace. Mais pour temps de crise: la consistance est, disons-le, un peu austère.

Le lien pour avoir une - très bonne- idée de l'infinie variété des baumes médicinaux. Recettes réunies et commentées par Bluetansy.
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