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en balade… naturelle ou botanique

Samedi 17 octobre 2009 6 17 10 2009 08:41
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La rose créée en l'honneur de Sébastien Kneipp


J'ai eu la chance de visiter des jardins de plantes médicinales lors d'un voyage à Bad Wörishofen, en Bavière, où Sébastien Kneipp, curé adepte de l'hygiénisme popularisa les soins d'hydrothérapie au XIX° siècle. J'ai testé certains de ces soins, j'en reparlerai.


Les jolis jupons de la rose Kneipp


 
http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/jaune/jaune_18.gifBad Wörishofen est un petit bourg léché aux allures walt dysnéennes, avec des centres de cure un peu partout… et la moyenne d'âge qui va avec… Inutile d'espérer y faire le moindre shopping bling bling. En revanche, les parcs sont splendides, avec écureuils effrontés, roseraies, etc. Il n'y a pas un mais quatre jardins médicinaux. Le plus vaste présente des plantes odorantes, les trois autres, plus modestes, sont liés à une époque historique: Moyen Age, Renaissance, période moderne. Chacun s'inspire d'un personnage. Strabon pour le jardin médiéval, Fuchs pour celui de la Renaissance et Kneipp pour le jardin contemporain (qui présente aussi d'autres végétaux d'un usage plus récent). Comme la visite s'est faite rapidement, je me suis concentrée sur le jardin médiéval.

Quelques remarques sur les deux autres:
 
http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/fleur030.gif*Leonhard (ou Leonhart) Fuchs (son nom a servi à créer le mot fuschias) était un médecin botaniste bavarois du XVI° siècle. On lui attribue la création du premier jardin botanique allemand. Son œuvre la plus célèbre: Commentaires insignes sur l'histoire des plantes (voir ici quelques précisions). Fuchs a essayé de classer le monde végétal, -même si ça reste encore une belle pagaille…- Il fauda attendre Linné pour un ordre plus logique. A Bad Wörishofen, les plantes sont arrangées en plates bandes selon leurs usages: toxiques, médicinales, aromatiques…
 
*Dans le jardin moderne, figurent entre autres quelques unes des Simples préférées de Kneipp: l'arnica, qu'il employait même en interne, le romarin, la lavande, le genevrier et le millepertuis. La légende dit qu'en voyage, Kneipp emportait toujours avec lui un flacon d'huile essentielle de lavande (je me le  suis fait préciser à plusieurs reprises, car j'étais très étonnée de cet usage dès la fin  du XIX°) qu'il utilisait contre… les maux d'estomac.


http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/jaune/jaune_18.gifLe jardin médiéval s'inspire donc de Strabon ( Walahfrid Strabo, ou, en français, -j'aime beaucoup- Gaufroy Le Louche), moine du IX° siècle qui propose une sélection de plantes dans son Liber de cultura hortorum  (livre parfois titré Le jardinet; les érudits se bagarrent pour savoir s'il y en avait 24 ou 28) . Je m'y suis intéressée car c'était trois siècles avant Hildegarde de Bingen (qui, au XII° siècle, citait déjà des épices exotiques) et j'étais très curieuse de savoir ce qu'on utilisait alors. A Bad Wörishofen, j'ai compté 23 plantes. 
  
Quasiment les seules qui étaient en fleurs lors de ma visite: les courges…

J'ai fait un copié-collé de la liste attribuée à Strabon, celle qui me semble la plus sérieuse, en mettant en gras entre parenthèses celles qui n'étaient pas dans le jardin que j'ai visité. En revanche, à Wörishofen, il y avait aussi de la menthe en épis (mentha spicata), de la vigne (vinis vitifera) et de la rose officinale (rosa officinalis).

Absinthe Absinthium  Artemisia absinthium
Ache-des-marais Apium Apium graveolens
 Aigremoine Agrimonia  Agrimonia eupatoria 
Ambroise Ambrosia Achillea millefolium
  (Aulne) Alnos (Alnus) 
Alnus spp. 
Aurone
Abrotanum
Artemisia abrotanum 
Bétoine Vettonica (Betonica) Stachys officinalis
Cerfeuil Cerefolium Anthriscus cerefolium
Fenouil  Foeniculum  Foeniculum vulgare
Gourde  Cucurbita   Lagenaria vulgaris
Herbe-aux-chats (Cataire) Nepeta Nepeta cataria
 Iris
 Gladiola
Iris germanica 
Lys  Lilium Lilium longiflorum 
 Livèche Lybisticum  Levisticum officinale 
 Marrube Marrubium   Marrubium vulgare
(Melon)  Pepone Cucumis melo 
( Menthe) Menta   Mentha aquatica
 Menthe-coq  Costus   Chrysanthemum balsamita
 Menthe pouliot puleium (Pulegium)  Mentha pulegium
Nigelle  nigella  Nigella spp.
 Pavot papaver  Papaver somniferum 
  (Pêcher)  persicus Prunus persica 
 Radis rafanum (raphanum)  Raphanus sativus 
(Rose) rosa  Rosa canina 
 Rue Ruta Ruta graveolens  
 Sauge  Salvia Salvia officinalis 
  (Sauge sclarée) sclarega (sclarea)  Salvia sclarea
  (Sureau (yèble ?)) ebuli Sambucus spp

Tableau extrait de ce site  (je ne peux faire un lien) :

http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye - jardins2.html

Trois fleurs ont traversé le temps: le lys, la rose et l'iris.
En Allemagne, c'est le lys de la Madone (lilium candidum), distinct du lilium longiflorum qui a été planté. De même, il y avait une rose officinale et non une rosa canina (églantine), ce qui est différent. Pour le IX°siècle, je pencherais pour la canina…

Ce qui m'étonne le plus: la présence du pavot et du melon, je croyais qu'ils étaient arrivés plus tard en Europe. Le sureau yèble étant la variété non comestible, je suis également surprise de sa présence. L'auteur du tableau a d'ailleurs ajouté un point d'interrogation.

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/fleur030.gifQuelques simples un peu oubliées

L'aurone: Christian Nugier en fait encore un hydrolat qu'il préconise comme anti-allergique. On le trouve chez simplespluriel  (voir ici)

La bétoine (voir ici par exemple): on en fumait les feuilles… je ne sais pas si elle faisait rigoler, mais Hildegarde de Bingen conseillait d'en glisser dans l'oreiller contre les cauchemars. On trouve d'ailleurs des coussins emplis de bétoine (ainsi que d'autres plantes) et  la plante séchée aux jardins d'Hildegarde ici
Jean Michel Morel (Traité pratique de phytothérapie, ed. Grancher, une bible… ) la prescrit en TM (en association, et contre la toux, elle est expectorante)

La balsamite ou menthe coq était utilisée en association avec le fenouil, toujours par Hildegarde dans sa "tisane pour les nerfs" (mélange qu'on peut trouver chez Anthyllide ou aux jardins d'Hildegarde). L'infusion de balsamite serait bonne pour le moral. La menthe coq figure dans la liste des 147 plantes libérées (en vente libre en France ) par le décret du 22 août  2008 (liste ici)
sur la balsamite et la gaieté: voir ici sur un site que j'aime bien

Le marrube, préconisé contre les troubles digestifs et anti toux (déconseillé au femmes enceintes) est cité par Jean Michel Morel pour son efficacité sur les inflammations des voies respiratoires, dont l'asthme. On en trouve chez Orménis (ici) qui souligne son amertume et donne une recette de sirop.
Kiva Rose évoque le marrube (horehound en anglais) sur son blog, comme plante expectorante voir ici



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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 09 2009 21:07
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J'ai découvert récemment à Vienne, en Autriche, une merveilleuse herboristerie bio: Saint Charles Apotheke (clic ici) qui propose également des produits de beauté sous sa marque et possède un petit resto bio.


Le coin "racines" de l'herboristerie Saint Charles (30, Gumpedorferstrasse)

J'ai été fascinée par les sacs, les flacons et les pots de la boutique. Tout étant étiqueté en autrichien, langue qui m'échappe totalement, je n'ai pas acheté grand chose, ce qui m'a fait faire de sérieuses économies…
Toujours à la recherche de baies séchées pour préparer des teintures, j'ai demandé ce qui était disponible à l'une des pharmaciennes -très sympa- qui parlait anglais. Pas de baies de sureau, mais, entre autres, des baies d'épine-vinette. Elles sont utilisées dans la cuisine iranienne avec le riz auquel elles apportent une petite acidité très séduisante. J'en avais parlé ici à mon retour d'un voyage en Ouzbekistan. Il se trouve qu'à Vienne, j'en avais déniché juste avant -des non bio- sur l'un des marchés de la ville; j'en glisse depuis dans mon brouet matinal. La pharmacienne m'a dit les croquer comme les baies de goji pour se requinquer. Elle a également évoqué les prunelles. J'ai voulu en acheter mais se conservant mal, elles ne sont proposées qu'en hiver, après les premiers gels. Excellent pour la peau m'a t'elle assurée, (Weleda et Dr Hauschka en utilisent sous forme de jus, d'extrait de baies ou de fleurs dans certains de leurs produits, semble-t-il pour un effet tonifiant-astringent).

Pourquoi cette obsession récente pour les baies?

Outre leur goût pointu qui me plaît bien, je pense que ce sont d'excellents produits préventifs (et même curatifs) contre la grippe tant ils sont bourrés d'anti oxydants.
Kiva Rose, l'herboriste américaine évoque par exemple très bien l'utilisation des baies de sureau sur son blog passionnant voir ici et ici. J'ai réussi à en trouver es séchées à Paris et j'en parlerai peut être bientôt.

Juste quelques images de Vienne pour les curieuses


Restaurant Palmenhaus, dans le Burggarten, non loin du Musée de l'Albertina

Un restaurant installé dans une magnifique serre 1900, avec une carte appétissante,
proposant par exemple des salades bourrées de pousses germées vraiment fraîches

… puisqu'elles sont prélevées sur les pots alignés sur le comptoir devant la cuisine.



Plantes de parade en week end prolongé dans un coin du Burggarten

J'ai aussi beaucoup aimé la mise au vert des plantes utilisées pour les cérémonies, se reposant au grand air pour se retaper entre deux pince-fesse officiels. 


Au Naschmarkt, la productrice (labellisée Démeter) est présente les mercredis et samedis

  … et les magnifiques chardons présentées au marché, par une productrice qui travaille en bio dynamie.


Je  lui ai acheté des poivrons violets et jaunes (cuisinés et croqués depuis… ), somptueux, qui ont parfumé mon sac de voyage de leur odeur légèrement poivrée.


Lien

Sur le blog cuisine sauvage que j'affectionne particulièrement:

 -utilisation de l'épine-vinette ici
-et des prunelles (dont il faut casser l'âpreté par le froid) ici



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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 09 2009 20:13
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Je n'ai pas vu d'ours en forêt, mais il y en a parait-il pas mal, surtout à la saison des baies.

Conifères (pin sylvestre, épicea) et bouleaux: ce sont surtout ces arbres que j'ai vus dans les forêts autour du lac Saimaa, si l'on ne compte pas les génévriers qui sont plutôt des arbustes et les sorbiers dont j'ai déjà parlé. Mais je n'ai pas croisé Tapio, le dieu de forêts dans la mythologie finoise, protecteur des abeilles
, des troupeaux et guérisseur.


Ponton de bouleau au bord du lac Saimaa; sur l'autre rive, la forêt dense de conifères.

 Au merveilleux musée du bois à Lusto, une vitrine évoque la sève de bouleau. J'ai donc demandé si les Finlandais en faisaient des cures dépuratives au printemps, la guide du musée par ailleurs très compétente m'a regardé fort étonnée; ça ne lui disait absolument rien.

L'ingrédient très local qui semble le plus utilisé semble le goudron de pin. Il entre notamment dans la composition de produits cosmétiques mais hélàs élaborés de façon très conventionnelle, c'est à dire avec EDTA dans les savons, et plein d'ingrédients chimiques dans le reste. On l'utilise pour ses propriétés assainissantes. C'est l'odeur du Nord, celle du calfatage des bateaux, une senteur qui fait voyager… même si ce  goudron est aujourd'hui considéré comme toxique. Les pays scandinaves ont obtenu de l
'Europe de pouvoir continuer à l'employer pour l'entretien des bâtiments de leur patrimoine, faute de produit de substitution.

Parc naturel de Linnansaari: depuis un belvédère, vue sur quelques îles du lac Saimaa, qui en compte plusieurs milliers


Autre produit intéressant, découvert -et testé-: la boue de tourbe, utilisée comme une argile en enveloppement corporel appliqué avant d'entrer dans le sauna, ce qui fait qu'on transpire encore un peu plus…

On se rince ensuite pour ôter le tout. Inégralement enduite de la tête aux pieds, je pensais à Goldfinger, où l'une des James Bond girl meurt étouffée sous une gangue de peinture dorée mais manifestement, la tourbe laisse mieux respirer que l'or. Ensuite, la peau est toute douce.


Les eaux sombres du lac, aux rives bordées de roseaux. Leur couleur est donnée par le fonds tapissé de tourbe. On a croisé un bateau en trois heures; notre pilote a dit en rigolant: tiens, il y a baucoup de circulation aujourd'hui.

La tourbe provient de la décomposition de plantes semi-aquatiques (mousses, sphaignes, etc. ) et elle est notamment riche en oligo éléments. Je n'ai pas pris de photo de sauna… J'y étais sans aucun appareil si je puis dire…

Nid d'aigle pécheur en haut d'un pin. En général, ils émigrent en Afrique début aout, mais j'ai eu la chance d'en voir planer plusieurs. le mâle et la femelle volent chacun de leur côté vers les tropiques mais ils se retrouvent sur le même emplacement à leur retour.


Liens


La tourbe que j'ai testée voir
ici

Le goudron de pin, article de wikipedia
ici



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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 09 2009 15:58
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En Finlande, il y a des forêts comme on se l'imagine…




Avec des maisons de bois au bord des lacs, des résineux (beaucoup de pins sylvestres)…





des  bouleaux…



… et en été, dans les bois, des buissons et des arbustes croûlant sous les baies, et ce n'est pas une image…

Etal de baies au marché d'Helsinki (myrtilles et airelles rouges)


Celles que j'ai vu en plus grande abondance dans la nature: les baies des sorbiers des oiseleurs, les airelles rouges qui tapissent les sous bois et (un peu moins de) myrtilles


Sorbier des oiseleurs (sorbus aucuparia) ; on peut croquer quelques baies en passant, mais en fait elles sont à  cuire  (article de wikipedia ici) car crues elles sont  toxiques si on en mange en quantité (même modérée)

Airelles rouges (vaccinium vitis-idaea), que j'ai rapportées et mises à trempoter dans l'eau au froid



On trouve aussi dans les jardins toutes sortes de groseilles, blanches, rouges, noires, à maquereaux, des cassis

groseilles rouges


Groseilles à maquereau (ce pouce n'est pas le mien mais indique la taille de ces fruits exquis qui se savourent comme des bonbons)

Au marché d'Helsinki, on peut acheter des framboises (ou des mûres?) arctiques de Laponie. Jaune orangé, elles sont vendues en barquette, conservées dans de l'eau.


framboises (ou mûres? ) arctiques (rubus arcticus ou chamaemorus ?) conservées dans l'eau. Je n'arrive pas à trancher: si le nom finois vu au marché (mesimarja) est celui de la framboise arctique, le fruit a tout de la mûre arctique.



http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nourriture/fruits/images/framboises.gifJ'ai partout demandé s'il y avait une utilisation thérapeutique des baies, particulièrement riches en substances anti oxydantes protectrices; il semblerait que non, la médecine populaire n'étant plus guère pratiquée. Les baies, c'est bon… au goût et pour la santé; les Finlandais qui en raffolent les accommodent à toutes les sauces ou presque, mais hélàs ne les font pas sécher (j'ai juste vu dans une boutique des… canneberges séchées-sucrées, made in Canada, probablement les mêmes que je trouve à Paris chez G. Detout).
Il faut dire que les airelles se conservent particulièrement bien car elles sont riches en acide benzoique. Par ailleurs, le froid les bonifiant … elles sont congelées sans souci pour l'hiver.

l'assiette du pique nique: muikkus (petits poissons blancs -petites marènes en français-, de la famille des salmonidés que l'on peche dans le lac Saimaa; ici, ils ont été fumés 5mn à peine) girolles fraîchement ramassées et sautées avec des oignons, petit pain carélien au fromage et sorbier pour la déco)

On déguste les baies accompagnées de crème (j'ai essayé de retour à Paris avec du lait fermenté, plus léger, c'est délicieux), en gâteau, en sauce acidulée pour faire passer les viandes un peu lourdes ou le gibier, en confiture et gelée bien sûr, en vin pétillant (fait avec des groseilles), en jus,  en liqueurs …


http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nourriture/fruits/images/framboises.gifUne marque bio finnoise, Frantsila, fabrique des fleurs de Bach à partir de plantes locales voir ici (je n'ai pas réussi à en trouver sur place,  j'avais très peu de temps à moi): il y  a notamment des élixirs de sorbier ou de myrtille, -mais aussi de bouleau, d'épicéa, de pin sylvestre, etc. -
Frantsila propose également, entre autres, des cosmétiques bio, sans utiliser spécifiquement des ingrédients locaux.


*L'airelle rouge et le cassis sont des grands classiques en gemmothérapie (en teintures glycero-alcooliques des jeunes pousses et bourgeons)

*J'ai découvert par ailleurs que l'huile (et l'extrait) de pépins de framboise arctique avaient le vent en poupe dans la cosméto pointue.



Liens

Un site (avec version française ici) pour tout savoir des baies en Finlande.

Le site de Kiva, une épicerie finlandaise à Paris qui propose des baies sous de nombreuses formes (je suis intriguée par la soupe de myrtilles en poudre par exemple) voir ici








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Mardi 25 août 2009 2 25 08 2009 18:36
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Cirrocumulus place Saint Marc




A la Biennale, une exposition m'a passionnée, celle de l'artiste belge Jef Geys: Quadra medicinale.

Il a demandé à quatre connaissances habitant à New York, Moscou, Bruxelles ou Villeurbanne, d'herboriser pour lui. Chaque botaniste de fortune devait donc photographier, ramasser, faire sécher et présenter douze plantes sauvages, dénichées sur une superficie de 1 km2. Une cueillette urbaine de végétaux souvent comestibles ou médicinaux.

L'interrogation provocatrice de Jef Geys: pourquoi ne pas appprendre à ceux qui vivent dehors  à se soigner avec ce qui pousse en bord de trottoir?
(Hum? et la pollution urbaine quand même?)

Ce qui m'a surtout fascinée, c'est la diversité botanique.


A Villeurbanne, une violette de Rivinius, (viola riviniana) ramassée…


rue Nazareth




soigneusement séchée et présentée avec ses caractéristiques botaniques.


Achillée millefeuile moscovite…


Ce qui m'intrigue (alors que j'avais juste choisi cette plante pour son éclat immaculé):

C'est une très belle eupatoire rugueuse  (astéracée), trouvée dans le Bronx à New York. Sa racine est présentée dans la légende comme anti fièvre, simulante, tonique, anti diarrhéique. Or en cherchant plus de précisions sur le net, j'ai découvert que la plante (feuilles et fleurs) très toxique  provoquait des empoisonnements en Amérique du Nord.

Voir ici 

et
… où on explique néanmoins que les Indiens utilisaient la racine (en cataplasme) contre les morsures de serpents, d'où son nom anglais:  (white) snakeroot. 




 
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 07 2009 16:28
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Malgré l'aridité des îles cycladiques, le vert y est une vraie couleur, surtout à Siphnos où la culture de l'olivier reste très florissante.




D'abord, pour Michèle, la fameuse salade de câpres, pas très photogénique, mais intéressante à découvrir, testée dans un vieux bistrot du port de Kamarès (Siphnos)



Les magnifiques oliveraies de Siphnos, sur les champs fraichement fauchés, avec leurs murets de clôture en pierre encore debout.


Massif de thym tout bourdonnant d'abeilles (Siphnos). Leur présence est un bon critère pour cueillir les fleurs (en faisant attention à ne pas les déranger trop quand même)


Il y a eu un gros bug pour la récolte cette année. Pensant en trouver à Sérifos, notre deuxième étape, nous en avons ramassé très peu à Siphnos… or, à Sérifos, pas l'ombre d'une fleur de thym (idem pour la sauge… )notre moisson est donc très modeste.


Photo prise lors d'une magnifique balade que nous avons faite à Siphnos pour descendre d'Apollonia à la plage d'Apokofto

Grâce à un guide -en anglais- trouvé sur place et rédigé méticuleusement par un allemand, Dieter Graf, nous avons pu emprunter quelques  itinéraires somptueux. Il existe encore des centaines de km de chemins (monopatia, au singulier: un monopati), plus ou moins en bon état et qui sillonnent l'île en tous sens. Certains sont très abîmés, d'autres encore pavés, ce sont des kalderimia (au sing. kalderimi).


Un pigeonnier… et ses hôtes (Siphnos)


Le très beau monastère de Theologos tou Mongou, perdu dans la campagne, avec son pin qui ombrage la cour intérieure (Siphnos)


Je pense que ce sont des gattiliers, omniprésents sur les îles (ici, à Sérifos)…

Je n'en ai pas ramassé car je pensais qu'on ne récoltait que les graines. Or j'ai découvert que les feuilles séchées étaient également employées… Une prochaine fois…



On dirait des œillets sauvages, mais je ne sais pas si c'est ça, car les fleurs ne sentent rien (autour de Chora, Sérifos)














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Lundi 20 juillet 2009 1 20 07 2009 09:15
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Il n'y a pas que le blanc des églises…





Fleur de câprier (Siphnos)

L'île croûle de capriers sauvages, dont les fruits sont ramassés et longuement équeutés par les femmes. Ils sont préparés au sel ou au vinaigre, on les trouve aussi simplement séchés. L'une des spécialités est la salade (cuite) de câpres et d'oignons, au petit goût acidulé.
 

Fin d'après midi à Apollonia

Au premier plan, les merveilleux oliviers de Siphnos; leur huile, faite sur le fruit mûr, est délicieuse.

Gros plan sur le pigeonnier que l'on aperçoit parmi les arbres sur la photo précédente.

Comme Sérifos, l'île est parsemée de nombreux pigeonniers de pierre (tous ne sont pas chaulés). 

Essais de couleurs sur des volets à l'abandon: un tableau (Siphnos)




Rue de Chora (Sérifos), seuls les arbres ont échappé au blanc de chaux…



Chora, accrochée à son piton rocheux (Sérifos). Ce versant est le plus doux



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Samedi 18 juillet 2009 6 18 07 2009 13:13
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… Le chaulage régulier des murs les veloute infiniment. Parfois, on a même l'impression qu'ils sont lissés au sucre glace. Mais la peinture acrylique remplace peu à peu le lait de chaux. 


Monastère des Archanges(16° siècle) pomponné de frais ( Vathy, Siphnos)



Blanc de blanc (Chrysopigi, Siphnos)




Chrysopigi  (Siphnos; en contrebas, une crique exquise pour la baignade), l'église de la patrone de Siphnos
A Siphnos, on dit qu'il y a autant d'églises et de chapelles que de jours dans l'année.




Eglise à Chora (Sérifos)



Encore des archanges: c'est aussi le nom de ce Monastère de Sérifos, bâti au XVI °siècle, avec de hauts murs fortifiés pour le protéger des pirates turcs.
 Le pope Makarios y habite depuis 50 ans… et  y vit tout seul depuis  33…



… en compagnie de quelques chats…




La petite cour du monastère avec ses bougainvillées et ses plantes grasses en pot… et la corde pour sonner la cloche.


 

 
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 07 2009 20:28
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… A la demande pressante de Mlk…



http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/poissons/divers/poiss_divers_74.gif(J'ai pris moins de photos que d'habitude. J'avais oublié d'emporter le socle de recharge pour les batteries que j'ai donc dû économiser au maximum…)


Régate au large de Siphnos




Criques à Chryssopighi (Siphnos), le plus joli lieu de baignade de l'île



Dimanche au crépuscule (Artemonas, Siphnos)



Chapelle de campagne (Siphnos)…



… et sa voute étoilée…



Chapelle ourlée de palmes et de lauriers-rose (Kamares, Siphnos)


 

  Poseidon? (Psili Ammos, Sériphos)

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/poissons/divers/poiss_divers_74.gifLe bleu est partout.

Je me souviens de volets verts ou gris sur des maisons insulaires, aujourd'hui, ils sont le plus souvent bleu ciel ou d'un outremer soutenu (loulaki).

Je me souviens aussi d'avoir découvert avec émerveillement à Hydra dans les années 80 la galerie  Loulaki qui s'était vouée aux objets de ce bleu profond. Le mot loulaki désigne le pigment qui était utilisé pour azurer le linge, et que l'on glisse parfois aussi dans le lait de chaux employé pour velouter les murs. C'est l'équivalent grec des fameuses boules de bleu outremer (synthétique) mises en fin de lessive il y a quelques decennies pour faire étinceler le blanc.


Lien
(pour les curieuses) sur le bleu des boules azurantes: ici


   


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Dimanche 31 mai 2009 7 31 05 2009 17:01
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Fin mai, c'est encore la saison de la récolte des roses centifolia autour de Grasse.

On en tire de l'absolue plutôt que de l'huile essentielle, dont le rendement est trop faible (il faut 5tonnes de centifolia pour obtenir un kilo d'huile essentielle, alors que pour un kilo de concrète, -dont on tirera un demi litre d'absolue-, 400kg de fleurs suffisent); j'ai appris que pour fabriquer de l'hydrolat de roses centifolia, les producteurs préféraient distiller les variétés doubles; pour l'absolue, le choix se porte sur les simples (qui ne comptent qu'une cinquantaine de pétales, malgré leur nom… ).

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/boutonan5.gifL'absolue est surtout utilisée dans la composition des parfums.




Plantées en longues rangées, les centifolia sont d'un rose très rose, qui pâlit quand les dernières fleurs s'épanouissent sur les pieds.

Le pistil très jaune se dévoile lorsque s'ouvre le cœur d'abord resserré en forme de bouton.


C'est une variété mellifère, que l'on va récolter pendant 20 à 25 ans; les arbustes taillés pour avoir une croissance de 7 à 8cm par an ne sont pas des remontants (ils n'ont qu'une seule floraison par an).

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/boutonan5.gifLes cueilleuses (il y a surtout des femmes) ramassent 6kg à l'heure en moyenne (on compte 400 roses environ par kilo… ); elles saisissent les fleurs d'un mouvement tournant pour détacher la tête; j'ai été surprise de découvrir qu'on n'effeuillait pas les pétales avant la transformation…
-"et puis quoi encore", m'a dit l'un des propriétaires de ces champs fleuris.


(J'ai photographié… une photo du Musée international de la parfumerie montrant l'enfleurage)

Grasse a longtemps pratiqué l'enfleurage (étalage des pétales sur de la graisse animale, avec renouvellement des couches de fleurs pour obtenir une imprégnation soutenue) pour produire des gras parfumés qui servaient à adoucir les peausseries fabriquées dans la région depuis le XVII° siècle. Quand l'extraction des matières premières odorantes s'est modernisée, il y a eu un essor de l'exploitation des plantes à parfum, alors très diversifiées (mimosa qui existe toujours, basilic, réséda, jasmin, rose centifolia), dans la région. Le choix s'est peu à peu restreint sous la forte pression immobilière des années soixante dix et la concurrence de pays tropicaux à la main d 'œuvre bon marché.

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/boutonan5.gifDepuis quand les roses centifolia sont elles cultivées à Grasse? Je n'ai pas obtenu de réponse précise; probablement fin XIX°-début XX°siècle; les centifolia (une espèce hybride) auraient fait leur apparition en Hollande au XVII° siècle. On trouve aussi 1650 comme date d'arrivée des roses dans la région grassoise, sans précision de la variété.


Une fois cueillies et mises en sacs de jute, elles sont immédiatement  transformées pour éviter les fermentations.


On  verse les têtes fleuries par couches de 50kg sur de grands disques, emboités dans de grosses cuves d'acier (d'une capacité de 5 disques) que l'on recouvre de 2000l de solvant (l'hexane, toxique, inflammable, très volatil mais très efficace pour extraire pigments, molécules odorantes, etc ). L'hexane recyclé va repasser trois fois sur les fleurs avant d'être éliminé (l'élimination finale se faisant sous basse pression pour éviter de trop chauffer, l'hexane bout alors à 30°)

Les gros "gâteaux de roses" passées à l'hexane


4000kg de roses dans cette boite…


Le liquide obtenu fige en refroidissant. C'est la concrète, composée de cire et d'absolue. Pour éviter l'oxydation, la boite de concrète est gardée au frais; elle peut être stockée plusieurs années. On l'utilisera à la demande quand on voudra procèder à l'extraction de l'absolue (la partie soluble dans l'alcool).

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/boutonan5.gifOdeurs
Dans les champs par vent de face, le parfum des centifolia est fin et léger, pimpant je dirais, presque savonnette à la rose.

Lorsqu'on ouvre les cuves, une odeur de caramel de rose s'échappe et colle au nez.

Quant à la concrète, elle a des notes herbacées (proches de celles que l'on obtient avec les macérations huileuses). Je n'ai pas eu l'opportunité de sniffer de l'absolue de centifolia.

Au musée de la parfumerie de Grasse autour des roses



 

























http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/boutonan5.gifLiens

Sur l'évolution des matières premières à parfum à Grasse ici

Sur l'arrivée des centifolia à Grasse en 1895 (?)  ici




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